GameTrip : jeux vidéo oldies, tests, dossiers, vidéos

Desperados: un brin houblon

  1 avis
Jeu PC | Tactique | Edité par Infogrames Entertainment | Sorti en Avril 2001
Voir la fiche
L’univers du western et le jeu vidéo se retrouvent rarement, pourtant le résultat donne souvent satisfaction. Des années avant le Far West version GTA avec Rockstar, le thème s’était prêté à la stratégie en temps réel avec Desperados, un jeu rafraîchissant et enivrant.

TLDR

FUN
Tout est parfait
JOUABILITÉ
Rustique
TECHNIQUE
Sans accroc
NOSTALGIE
A bien vieilli

L'échappée d'El Paso, une mission très difficile!
Aromatisée tequila, présentant une robe d’un jaune soleil, limpide et brillant, elle est de fermentation basse et brassée avec du malt d’orge. Elle porte le même nom que ce jeu et en partage presque l’origine. Bien que l’histoire ne retiendra probablement que ce soda aromatisé qui n’a rien d’une bière, Desperados, pour les vrais, c’est un jeu vidéo datant de 2001, devenu depuis une saga. Il est d’ailleurs développé par le studio Spellbound, basé en Allemagne, également pays de production de la bière du même nom. Ah non pardon, c’est à Schiltigheim. Pas de quoi être fier pour autant. Pour la petite anecdote, la suite, Desperados 2 se nomme Western Commandos dans notre contrée tricolore uniquement, à la suite d’un procès intenté par la brasserie Fischer, produisant le breuvage Desperados, depuis racheté par une autre brasserie dont l’évocation du nom file des frissons: Heineken.

Pardonnez cette mise en bouche particulière, nous pouvons passer au contexte de Desperados. L’action se déroule en 1881, dans l’état du Nouveau-Mexique, à El Paso, théâtre de braquages et vols d’une bande de desperados, qui dévalise les trains de la compagnie de chemin de fer Twinnings & Co.John Cooper, tireur émérite et roi de la punchline Je précise que cet article ne cache pas de sponsos déguisées envers des marques de bibines, de thé ou de repas mexicains bon marché. La direction de Twinnings & Co promet donc une récompense de 15 000 dollars à quiconque capturera le chef de la bande, mort ou vif. Tout le monde a la trouille sauf un chasseur de primes étranger, un certain John Cooper, tireur émérite et roi de la punchline, qui lui annonce tout de go sa volonté d’éliminer la racaille du coin. Impressionnant, mais le mec n’est pas fou non plus, il va rassembler ses anciens compères pour y parvenir.

Bon, et maintenant?

L'entrée dans cette hacienda a été personnellement un cauchemar.
Desperados se présente donc comme un jeu d’infiltration et accessoirement d’action en vue isométrique, typique des jeux de stratégie en temps réel de l’époque. La caméra ne pivote pas, l’approche se veut différente mais le level design de qualité et primordial dans ce type de jeu répond parfaitement aux différentes situations et manières de jouer. Il faut donc s’adapter à l’environnement et l’utiliser à son avantage. Ainsi, une mission de nuit donne une vision moins lointaine pour les ennemis mais ils seront plus sensibles aux bruits. Il est également conseillé de ne pas laisser traîner un corps, sous peine de mettre les ennemis en alerte. Les personnages peuvent cacher des corps dans des buissons ou derrière certaines portes. On apprécie d’ailleurs la possibilité d’épier à la serrure afin de voir si un ennemi se trouve à l’intérieur. Tous ces éléments de gameplay ne sont pas sans rappeler une certaine franchise ayant pour trame de fond la Seconde Guerre Mondiale, à savoir Commandos.

S’inspirer de Commandos, certes, mais sans le copier. Desperados n’est pas un bête clone de Commandos avec un skin western. On trouve par exemple des civils pour lors des missions en ville. Des civils qui vous ignorent sauf si vous trucidez un garde ou trainez un corps sous leurs yeux. Ils partiront alerter les gardes du coin. Rien ne vous empêche de les assommer et les ligoter, pour plus de tranquillité. Les développeurs ont également eu la bonne idée de créer un système permettant de synchroniser les attaques de vos personnages, grâce aux quick actions. Cela permet de planifier une diversion pendant qu’un autre assomme et le dernier ligote. Les possibilités offertes sont nombreuses et cette feature très utile pour certains passages vraiment ardus.

C’est une plaisanterie

Le légendaire lancer de couteau de Cooper.
Passons en revue cette fine équipe, aux profils aussi variés que leurs compétences. Le joueur démarre avec John Cooper en solo, un chasseur de primes pouvant assommer ses ennemis d’un coup de poing mais également habile au couteau, que ce soit pour éliminer en silence ou à distance. Il peut porter ses cibles neutralisées pour les cacher. A l’aise pour la grimpette, il permet de contourner les lignes ennemis pour mieux les prendre à revers. Il possède un colt pour les situations plus compliquées et une montre musicale, sonnant après quelques secondes et attirant quiconque dans le périmètre. John ira rapidement aider son pote Samuel Williams, armé de sa Winchester et aux skills très pratiques : il peut exploser des bâtiments et groupes d’ennemis à la TNT, il peut ligoter n’importe qui et utiliser son serpent caché dans un sac, le reptile attirant ainsi les ennemis et les mordant mortellement lorsqu’ils sont trop proches. Sam est le seul à pouvoir s’approcher de son serpent ; il mord tout le monde! Vient ensuite le Doc McCoy, un vieux briscard, équipé d’un sniper, il peut soigner et réveiller ses partenaires et duper l’ennemi en réalisant un faux épouvantail avec son manteau et son chapeau. Il possède des fioles de gaz endormant qu’il peut jeter ou bien attacher à un ballon qui va suivre le vent pour ensuite tirer dessus et le faire tomber sur l’ennemi désiré. Il est aussi le seul personnage capable de crocheter les serrures, c’est dire son utilité.

Vient ensuite Kate O’Hara, l’atour charme du groupe, capable d’attirer le regard d’un ennemi sur elle, permettant à un coéquipier de se faufiler dans son dos. Elle peut utiliser son miroir de poche pour aveugler quiconque et ainsi réduire son champ de vision, elle peut asséner un coup de botte bien placé à l’ennemi ou utiliser ses cartes pour le distraire au poker. Enfin, elle est capable de marcher en silence, même sur les surfaces bruyantes comme des flaques d’eau, par exemple. Pablo Sanchez se présente comme la brute de la bande, armé de son fusil, il est redoutable à courte distance.Il y a TOUJOURS un ennemi qu’on n’avait pas vu et qui ruine tout le planIl peut attirer un ennemi par sa flasque de tequila et peut feindre de faire la sieste afin d’attirer les ennemis qui le verront roupiller. Il met KO les adversaires autour de lui avec la crosse de son fusil, peut balancer des pierres pour assommer n’importe qui. Sa force lui permet de porter deux corps à la fois, de pousser tout obstacle trop lourd et de rentrer dans n’importe quel bâtiment, occupé ou non et d’en débarrasser de toute présence ennemie. Terminons avec Mia, dont l’arme est une sorte de sarbacane qui tire des fléchettes empoisonnées, faisant halluciner l’ennemi toucher qui tirera dans toutes les directions. Elle peut les distraire en sifflant ou grâce à Mr Leone, son singe de compagnie qui dancera autour de cacahuètes. Enfin, avec ses pétards, elle peut aveugler un groupe d’ennemis. Toutes ces compétences se complètent et les quick actions permettant de les synchroniser permettent de se débarrasser de plusieurs ennemis de belle manière.

La fine équipe de gâchettes la plus redoutée de l'Ouest.
Il est d’ailleurs presque impossible de terminer certaines missions et donc le jeu sans user de cette fonctionnalité tant certains passages se révèlent réellement ardus. Il y a TOUJOURS un ennemi qu’on n’avait pas vu et qui ruine tout le plan élaboré depuis 10 minutes à observer les trajets ennemis et les manières de les éliminer. Chaque ennemi en cache souvent un autre, il faut souvent faire un détour et commencer par l’ennemi le plus anodin en apparence pour ensuite se frayer un chemin pour éliminer les autres. Cet ennemi anodin était tellement bien placé qu’il passait par 3 ou 4 autres gardes dans son champ de vision. Il faut également compter sur le nombre assez élevé d’ennemis, leurs rondes et l’environnement. Comme dans tout bon jeu de stratégie, cet élément doit être particulièrement réussi pour permettre une bonne immersion et l’élaboration de stratégies fiables. Sur ce point, les développeurs de Spellbound Software excellent tout au long de la vingtaine de missions de Desperados qui nous feront voir du pays : El Paso, une hacienda, un canyon, la Louisiane de nuit, une prison, une forteresse (le mythique nid d’aigle) nichée dans une montagne, un domaine d’esclavagistes, etc. Les décors reproduisent le western tel qu’on se l’imagine avec beaucoup de détails que l’on aperçoit au gré de nos déplacements de caméra et des personnages. Des saynètes par-ci par-là, des gardes qui aiment roupiller ou discuter, des civils parfois trop baladeurs et gênants pour nos actions punitives, tout est pensé dans le but de rendre l’environnement vivant. Les bâtiments peuvent servir de cachettes, tout comme les toilettes ou toits, il existe de nombreuses manières de parvenir à ses fins, que ce soit en butant tout le monde ou en se faufilant pour se concentrer uniquement sur l’objectif. Seul bémol qui n’en était pas un à l’époque, la caméra ne pivote pas, un seul angle de vue existe et c’est tout. - Torché le 08/05/2021 à 10h39 par Robin Masters.
La péroraison
Avec sa très bonne durée de vie, sa difficulté croissante, ses personnages bien écrits (des punchlines savoureuses) et son level design carrément réussi, Desperados est une complète réussite, qui aura marqué beaucoup de joueurs et dont on garde des souvenirs assez forts, que ce soit grâce au plaisir de jeu ou à cause des séquences assez difficiles à s’arracher les poils des aisselles.
Futur en tailleur
Sur chaque test, l'auteur se met en tailleur pour se poser une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?» Pas sûr qu’il soit utile d’en parler, Desperados a connu une suite moyennement réussie, intégrant une inutile vue à la troisième personne. On retient davantage la version de Desperados remasterisée sortie en 2018 pour tourner sur les OS les plus récents. Le studio Spellbound reproduisit la recette de Desperados dans la forêt de Sherwood avec Robin Hood et dans l’univers mafieux avec Chicago 1930, des jeux plutôt bons sans être aussi marquants. Récemment, THQ Nordic a remis le couvert avec Desperados 3, amenant la stratégie dans les années modernes, un excellent jeu dans lequel on peut retrouver Cooper, Kate et le Doc et un certain niveau repris du premier Desperados. Jouez-y.
Le verdict
Jeu PC | Tactique | Edité par Infogrames Entertainment | Sorti en Avril 2001
Voir la fiche
9
10
1 commentaire, ajoute ton avis !
Votre pseudo doit être renseigné.
Votre message doit être renseigné.
Jivé30/04#1
Ohlalalaaa mais quel bon jeu. J'ai envie de le relancer, là, maintenant.